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SALOMON JUPTZER dit "Senia"

Evelyne LEMBERSKI - Téléphone : 01 43 68 58 38 / portable : 06 09 01 79 70/e-mail :evelyne.lemberski@libertysurf.fr
17, Place Bobillot appt 267 - 94220 CHARENTON-LE PONT - FRANCE...
recherche toutes personnes susceptibles d'avoir connu Salomon dit Sénia JUPTZER pendant sa captivité aux stalags :
-IA (STABLACK) situé en PRUSSE ORIENTALE vers le 25 Juin 1940 jusqu'en Décembre 1940/Février 1941,
-XIA BATL(ALTENGRABOW en Allemagne) de 28/03/1941 à Février 1943
- et/ou par le réseau grâce au "réseau CHARRETTE" dirigé par Michel CAILLIAU. Il était chargé de mission de troisième classe au grade de sous-lieutenant, et son nom de code était Joseph SERRE.

Cette personne a été déportée le 15/05/1944. Il faisait parti du convoi n°73 dont les destinations finales sont REVAL (ESTONIE) et le fort de KOVNO (LITUANIE).
Ces témoignages aideront un étudiant en doctorat d'histoire à l'Université PARIS dans le cadre de sa thèse.


ELEMENTS DE LA BIOGRAPHIE DE SALOMON JUPTZER

Salomon (dit SENIA) JUPTZER est né le 27/09/1913 à ODESSA en RUSSIE comme ses parents Abraham JUPTZER et Thérèse APTICKAR. Son père est ingénieur après avoir effectué à LEIPZIG(ALLEMAGNE) ses études et sa mère exerce la profession de sage femme dans cette même ville.
Cette famille de religion juive arrive en France à PARIS en 1922 à la suite des persécutions religieuses dans leur pays d'origine. Dès lors, son père travaille comme mécanicien chez RENAULT avant d'être chef d'entreprise et, sa mère devient infirmière.
La scolarité de Sénia est brillante car il obtient avec succès son baccalauréat au Lycée ROLLIN. Pour perfectionner son français, il bénéficie de cours particuliers à domicile. Son père assiste à ces cours et en profite pour améliorer ses connaissances de la langue française.
Sénia poursuit ses études dans une école dentaire avec sa fiancée Lucie BISHAY afin d'être stomatologue. Ils se rencontrés par l'intermédiaire de leurs parents à SAINT-MANDE. Leurs parents respectifs sont des amis d'enfance car ils sont originaires de la même ville russe.
A l'aube de la seconde guerre mondiale, il travaille dans un cabinet dentaire à PARIS qu'il espérait ensuite reprendre.
A la déclaration de la guerre en 1939, SENIA est mobilisé et envoyé au front en appartenant au 246ème régiment d'infanterie, 6ème Compagnie 2ème groupe. Le véritable nom patronymique de Lucie BISHAY est BITCHATCH. Elle est fille unique et son père était ingénieur en RUSSIE. Elle quitte la France en Février 1940, à l'âge de 21 ans, pour vivre aux Etats-Unis à BRIGHTON accompagnée de ses parents afin de rejoindre sa famille.
Le 15 juin 1940 à VERDUN, Sénia est fait prisonnier par les Allemands sans que sa religion soit portée à la connaissance de ces derniers. Après la traversée de la France et de la Belgique dans un wagon à bestiaux, Sénia arrive sous le matricule 8396 FZ (IA) d'abord au Stalag IA à STABLACK situé en PRUSSE ORIENTALE vers le 25 Juin 1940 puis au Stalag (XIA I BATL) le 28 mars 1941 implanté à ALTENGRABOW en Allemagne. Cette ville se trouve environ à 120 kilomètres à l'ouest de BERLIN, entre POTSDAM et MAGDEBOURG.
Il travaille dans des fermes avoisinantes, à la construction d'une route et comme interprète dans le stalag connaissant plusieurs langues étrangères notamment l'allemand, et le russe. Il peut facilement communiquer avec les prisonniers et les militaires allemands.
Dès lors, il participe activement à un réseau de résistance organisé par des prisonniers pour lutter contre la guerre comme chargé de mission de troisième classe au grade de sous-lieutenant. Celui-ci est le RESEAU CHARRETTE dirigé par Michel CAILLIAU dont il a fait la connaissance.

A cette période Sénia, prisonnier au stalag entre en contact par le biais de lettres avec sa famille (parents, cousins, etc.) vivant à TOULOUSE en zone libre depuis Juin ñ Juillet 1940, sa soeur Yvette cachée dans un préventorium (appelé LE NID BEARNAIS) à JURANCON, sa fiancée Lucie et ses amis.
Sénia conserve dans une pochette de toile réalisée à la main par un ami prisonnier cette abondante correspondance. Elle décrit le climat de l'époque, la vie quotidienne en France, en Allemagne et aux Etats-Unis.
En Mars 1943, Sénia s'évade du stalag en se faisant porter malade grâce à l'aide d'un camarade. Il part pour PARIS dans un train sous forme de convoi sanitaire. Il rencontre le gardien de la cité lui précisant que l'appartement de ses parents situé à SAINT-MANDE est réquisitionné par des allemands et que pour le visiter une autorisation du commissariat est nécessaire. Après avoir visité l'appartement (où ma tante vit actuellement), et constatant que rien n'a été abîmé, il rejoint par le train sa famille à TOULOUSE. Il continue ses activités de résistant dans le même réseau. Sa mission consiste essentiellement à faire passer en Espagne des personnes(juives ou non, résistants, ) dont la vie en France est compromise par cette guerre.
Malheureusement dans la matinée du 9 mai 1944, Sénia est arrêté par la GESTAPO chez une amie non juive à la suite d'une dénonciation comme juif par un homme criblé de dettes de jeux. Chaque dénonciation rapportait à ce dernier une somme. Ensuite, il est transféré au camp de DRANCY.

Sénia fait part de son sort lors de son départ vers la mort par une lettre terrible destinée à Madame DELMAS, secrétaire de son père à PARIS. Son père a continué son activité professionnelle à PARIS en déléguant ses pouvoirs à 2 personnes dont Madame DELMAS. Il travaillait aussi sur TOULOUSE.
Il fait parti du convoi n°73 comprenant 878 hommes dont les destinations finales sont REVAL (ESTONIE) et le fort de KOVNO(LITUANIE). Il est fusillé vers le 15 Mai 1944.
Il laissera pour héritage à ses parents et à sa soeur YVETTE JUPTZER épouse KAMIENIECKI, ces lettres conservées dans la pochette d'origine, la machine à écrire servant à la résistance.
Lucie BISHAY apprend l'arrestation de Sénia par ses parents et a toujours l'espoir qu'il reviendra. En effet, leurs parents respectifs ont continué après la seconde guerre mondiale à s'écrire sans conserver les lettres.

Il lui a été attribué la médaille de la résistance française à titre posthume par décret du 03/08/1946 au Journal Officiel du 13/10/1946.


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